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Habitat

Festival Art Souterrain

exposition
d'art contemporain
du 15 mars au 6 avril 2025
Manon Chamberland et Eva Kaukai
Kangirsuk, Nunavik
Canada
013
Wapikoni
audio | vidéo

Lieu d’exposition

013 - Place de la Cité Internationale

Activités

Katatjatuuk Kangirsumi (Chants de gorge à Kangirsuk), 2018
Vidéo
Durée : 03:29

Les deux chanteuses de gorge originaires de Kangirsuk (Nunavik) Eva Kaukai et Manon Chamberland co-réalisent le court-métrage Katatjatuuk Kangirsumi, en collaboration avec l’équipe du Wapikoni mobile. Depuis 20 ans, le studio de création du Wapikoni mobile circule dans les communautés autochtones et offre aux jeunes des Premiers Peuples des ateliers et de l’accompagnement pour la réalisation de courts-métrages et d’œuvres musicales.

Le katajjaniq est un jeu pratiqué majoritairement par les femmes et transmis depuis des temps immémoriaux. Deux joueuses se font face et émettent généralement la même séquence composée de sons graves (gutturaux) et de sons aigus (vocaux), mais de manière décalée. Grâce à des modulations créées par le diaphragme, le nez et la langue, ces performances incorporent des mots, des syllabes, des mélodies et des imitations de sons provenant de l’environnement naturel (eau, vent, oiseaux, moustique) ou domestique (motoneige, scie, cuisson de la viande, traîneau à chien). Tout au long du jeu, les deux chanteuses se fixent du regard. Celle qui rit en premier ou qui arrête de chanter, à bout de souffle ou de voix, perd la partie. Le katajjaniq prend les couleurs locales de chaque village, et la vitalité de ses différents styles varie d’un lieu à l’autre. Au cours du 20e siècle, sa transmission est gravement perturbée par le colonialisme et les politiques d’assimilation. Grâce aux efforts de préservation des communautés, cette pratique est toujours vivante et contribue à la cohésion des groupes en agissant comme un important symbole identitaire. Elle est désignée élément du patrimoine immatériel en 2014 en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel (2011).

Prenant la forme d’un clip musical, le court-métrage associe les images et le son de manière dynamique. Les silences permettent au public et aux chanteuses de reprendre leur souffle et laissent place à l’air nordique qui imprègne l’espace. Pour le tournage, les deux réalisatrices sont vêtues d’un arnauti, ce vêtement traditionnel porté par les femmes inuit. Leur chant traverse les saisons grâce aux séquences aériennes captées au drone par Johnny Nassak. Celles-ci mettent en scène les paysages et la vie quotidienne de Kangirsuk, une communauté inuit d’environ 560 habitants située à l’embouchure de la rivière Arnaud (Kuuvik), dans la baie d’Ungava.

Elles commencent l’apprentissage du katajjaniq (chants de gorge des Nunavimmiut) durant leur enfance. Si Chamberland développe ses connaissances grâce aux enseignements de sa grand-mère, Kaukai les acquiert d’abord par elle-même, en écoutant des vidéos sur YouTube. Ces deux modes de formation, l’un traditionnel et l’autre nouveau, illustrent bien la diversité des pratiques qui caractérisent le katajjaniq d’aujourd’hui.

Sélectionnée par le prestigieux festival du film de Sundance, l’œuvre de Kaukai et Chamberland est présentée en grande première mondiale à Park City (Utah, États-Unis) en 2019, en présence des deux réalisatrices alors âgées de 17 et de 18 ans. Le film fait partie des 10 meilleurs courts-métrages canadiens de l’année 2019 selon le Festival international du film de Toronto. Il est sélectionné par de nombreux festivals au Canada, aux États-Unis, au Brésil, en Argentine, en Grande-Bretagne, en France et en Italie.

Information supplémentaire :
Compagnie de production : Wapikoni mobile
Productrice : Manon Barbeau
Scénario : Eva Kaukai et Manon Chamberland
Co-Réalisatrices : Eva Kaukai et Manon Chamberland en collaboration avec l’équipe du Wapikoni mobile
Caméra: Saviluk Thomassie, Emilie Baillargeon, Clark Ferguson
Opérateur de drone : Johnny Nassak
Cinéastes-mentors : Émilie Baillargeon, Clark Ferguson, Virginia Fernandes
Assistante cinéaste-mentors : Olivia Thomassie
Montage : Émilie Baillargeon
Enregistrement sonore : Simon Thériault
Musique originale : Eva Kaukai, Manon Chamberland
Intervenant jeunesse : Simon Thériault
Coordinatrice locale : Olivia Thomassie

Geneviève Thibault

wapikoni